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La revanche des lieux
Pendant des années, le bureau a été délaissé tandis que le télétravail s’installait durablement dans les habitudes. Les espaces de coworking ont aussi perdu de leur intérêt, coincés entre le domicile devenu bureau et un marché immobilier en pleine interrogation. Pourtant, depuis deux ans, les signaux racontent une autre histoire. Les espaces de travail partagés suscitent un regain d’intérêt, notamment auprès des entreprises en quête de flexibilité. À leurs débuts, ces lieux accueillaient surtout indépendants et jeunes start-ups venus chercher un bureau et une communauté. Aujourd’hui, ils attirent de plus en plus d’entreprises qui y voient une solution agile pour accueillir équipes projets, antennes locales ou périodes de transition, sans s’engager dans des baux longs ni immobiliser des surfaces inutilisées. En France, il existe près de 3 500 espaces de coworking, qui représentent déjà près de 6 % du parc tertiaire en Île-de-France, selon le baromètre Ubiqdata. De grands opérateurs internationaux comme IWG, maison mère des réseaux Regus et Spaces, poursuivent d’ailleurs leur développement en misant sur cette demande croissante de lieux souples et immédiatement opérationnels. Ce mouvement révèle un paradoxe intéressant : au moment même où le travail devient possible presque partout (tiers-lieux, cafés, hôtels) les lieux de travail retrouvent de la valeur. Les espaces de coworking incarnent particulièrement bien cette transformation. Leur succès repose tout autant sur la possibilité de travailler que sur la qualité des ambiances qu’ils proposent : salons ouverts, cuisines partagées, salles de réunion accueillantes, parfois même cafés ou espaces événementiels. Le vocabulaire du travail se rapproche peu à peu de celui de l’hospitalité. Une évidence se dessine alors : le bureau revient, mais sous une forme plus souple et plus décentralisée. Pour certaines entreprises, le coworking n’est plus un recours provisoire ni un simple lieu de passage ; il devient le bureau lui-même, avec d’autres codes, d’autres services, d’autres promesses. Le travail retrouve une adresse, sans retrouver tout à fait son ancien modèle.
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