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Table haute couture
En mars dernier, une maison de couture a décroché une étoile Michelin. Au 30 Montaigne, adresse historique de Dior, le restaurant Monsieur Dior by Yannick Alléno rejoignait le cercle des tables consacrées, sept mois après l’arrivée du chef. L’anecdote éclaire un mouvement qui prend de l’appétit. Début juillet, Vogue Business s’intéressait à ces rapprochements devenus foisonnants entre mode et gastronomie. AMI s’est ainsi associé au mythique Balthazar à New York, jusque sur des pains marqués de son logo ; JW Anderson a choisi le Bar Basso à Milan ; des créateurs culinaires imaginent désormais desserts, cocktails et bouchées à partir de collections, de couleurs ou de matières. L’art de la table convoque des sens complémentaires à ceux de la mode et impose aussi un autre rythme. Il faut s’asseoir, attendre, parler, partager. La marque de haute couture devient hôte. Cette appétence dépasse d’ailleurs le luxe. Boutiques, hôtels, restaurants et lieux culturels mêlent de plus en plus leurs fonctions, comme si chaque espace cherchait à enrichir son vocabulaire en empruntant quelques mots au voisin. Le commerce apprend l’hospitalité ; la restauration emprunte à la scénographie ; la mode découvre la durée. À mesure que les frontières deviennent plus poreuses, les lieux se dessinent autour des moments qu’ils rendent possibles plutôt qu’autour d’une fonction unique. Après avoir longtemps cherché la pièce iconique, la haute couture semble avoir redécouvert un meuble autrement universel : quatre pieds, des chaises et tout un monde autour.
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