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Luxe d'à côté
Un quart d’heure. C’est devenu la nouvelle unité de mesure de la valeur immobilière. Une étude publiée ce printemps par Bien’ici montre que le quartier est devenu le premier critère d’achat des Français, 42 % des acquéreurs le plaçant avant le prix du mètre carré. En tête des indispensables que sont les transports (31 %), puis les commerces de bouche (24 %), les écoles, le travail, la santé. La ville du quart d’heure, cette utopie théorisée par Carlos Moreno, a quitté les colloques d’urbanistes pour devenir réalité. Il faut dire que le télétravail est passé par là. Depuis que les journées se partagent entre domicile, bureau et commerces de proximité, chaque trajet redevient un choix et chaque minute gagnée, un petit trésor. Le luxe change d’adresse. Il s’exprime désormais en pas, ceux qui mènent à la boulangerie, à la crèche, au marché du samedi, au bistrot dont le patron retient les prénoms. Et ce que chacun réclame pour son logement, les entreprises l’exigent à présent pour leurs bureaux : un rez-de-ville vivant, une terrasse façon café de quartier, une rue qui donne envie d’arriver tôt et de repartir tard. Un immeuble se choisit autant pour ce qu’il contient que pour ce qui l’entoure. Concevoir un lieu, désormais, c’est composer avec son quartier, laisser la ville entrer jusque dans les étages, faire du dedans une continuité du dehors. L’adresse refait la valeur, comme au temps où chacun avait son quartier, son boucher, son banc, son bout de trottoir. Reste une question : le jour où tout le monde voudra vivre à un quart d’heure de tout, que deviendront les quartiers restés loin de tout ?
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